samedi 5 juin 2010

Formation

Depuis que je me suis inscrite à l'anpe, je demande à pouvoir faire une formation. Pas un truc dans le vague, quelque chose qui me ré-ancre dans la réalité. Ils n'ont pas les crédits pour me répond-on.

Je m'éloigne de plus en plus de l'emploi. Pas par le fait de ne pas me lever le matin (je le fais régulièrement) mais plus par la perte des gestes quotidiens qu'on est amené à faire. Tellement routiniers qu'on ne s'aperçoit plus qu'on les faits.

La plupart des gens ne comprennent pas ça. Genre t'as des diplômes donc tu devrais acquérir (ou réacquérir) automatiquement les manières de faire et de procéder aux tâches routinières, les façons de gérer une équipe.

Bref, t'as la science infuse ma fille, vas-y fonce dans la mêlée et advienne que pourra.

Sauf que je n'ai plus cet optimisme qui m'animait avant et qui me faisait penser que comme le roseau je plierai sans rompre.

Je me sens chêne. J'ai besoin d'un guide, d'un tuteur pour pousser droit.

Je ne me vois pas retourner dans la mêlée pieds-nus alors que d'autres ont des crampons...

Ce qui m'énerve c'est que je me sens incomprise. J'entends des "fais-ci", "fais-ça" de personnes qui n'ont pas le même vécu que moi ou qui se fondent sur leur propre manière de réagir et me propose de me calquer sur eux.

Je ne veux pas me calquer. Je SAIS ce qu'il me faut pour pouvoir avancer vers un retour durable dans la vie active. Je veux un nouveau départ pour le long terme. Pas y retourner pour y retourner quitte à craquer au bout d'une semaine.

Je veux faire les choses à mon rythme. La vie est une course de fond pas un sprint.

Respecter mon rythme, c'est me respecter. Certains le comprennent et je leur suis reconnaissante pour cela.

Les autres, je ne devrais pas m'en soucier. Ils ne me connaissent même pas. Ils transposent sur moi des choses qui viennent d'eux.

Mais, purée, que ce doit être agréable de pouvoir tout simplement s'en foutre de l'image que les autres se font de soi !!

vendredi 4 juin 2010

Le rossignol et le paon Jean-Pierre Claris de FLORIAN

L'aimable et tendre Philomèle,
Voyant commencer les beaux jours,
Racontait à l'écho fidèle
Et ses malheurs et ses amours.
Le plus beau paon du voisinage,
Maître et sultan de ce canton,
Elevant la tête et le ton,
Vint interrompre son ramage :
C'est bien à toi, chantre ennuyeux,
Avec un si triste plumage,
Et ce long bec, et ces gros yeux,
De vouloir charmer ce bocage !
A la beauté seule il va bien
D'oser célébrer la tendresse :
De quel droit chantes-tu sans cesse ?
Moi, qui suis beau, je ne dis rien.
Pardon, répondit Philomèle :
Il est vrai, je ne suis pas belle ;
Et si je chante dans ce bois,
Je n'ai de titre que ma voix.
Mais vous, dont la noble arrogance
M'ordonne de parler plus bas,
Vous vous taisez par impuissance,
Et n'avez que vos seuls appas.
Ils doivent éblouir sans doute ;
Est-ce assez pour se faire aimer ?
Allez, puisqu'amour n'y voit goutte,
C'est l'oreille qu'il faut charmer.

jeudi 3 juin 2010

Masques

Le coeur de l'homme est l'énigme du Sphinx
Louis Antoine de SAINT-JUST

Le coeur de l'homme est l'énigme du Sphinx ;
Si l'on pouvait avec les yeux du Linx,
De ses replis éclairer la souplesse,
L'oeil étonné, de maints hauts faits vantés
Démêlerait les ressorts effrontés
Dont un prestige a fardé la bassesse.
Ces Conquérans, sous les noms imposteurs
De liberté, de soutiens, de vengeurs,
A l'oeil surpris découvriraient peut-être
Un scélérat, honteux de le paraître ;
Ces Moines saints, les yeux en Paradis,
Décèleraient sous la haire souillée,
Un coeur brûlé de la soif des Houris,
Une âme sèche, à l'intrigue pliée,
Et l'Avarice, en Lazare habillée ;
L'homme puissant, dans son humilité,
Le vil ragoût d'une lâche fierté ;
Dans l'amitié, l'on verrait l'espérance ;
Et dans l'amour, non le tribut du coeur,
Mais le fardeau de son indifférence ;
Parfois dans l'un un grain de suffisance,
Parfois dans l'autre une jalouse humeur.
Homère a beau nous peindre dans Achille,
D'un bras fougueux le courage indompté,
Il était homme et fut resté tranquille,
Sans l'aiguillon d'un peu de vanité,
Sans Briséïs et la nécessité.
....................................
Dans la vertu l'audace se ranime,
Et la faiblesse est compagne du crime.

dimanche 30 mai 2010

Leslie Gore- "You Don't Own Me" Live

Quand je serai grande,...

... je vivrai dans un monde où le fond est plus important que la forme,
... où ce n'est pas celui qui crie le plus fort qui a raison,
... où il ferait beau le dimanche quand on a prévu d'aller se balader toute la journée,

etc.